Skip to main content

“Indiens et franc-maçonnerie: une vision performative de l’historire américaine” /“Native American Indian Freemasonry and the Performative Turn within U.S. History”,

Porter, Joy

Authors



Contributors

Michel Prum
Editor

Abstract

Comme nombre de mes collègues indianistes, cela fait longtemps que je n’ignore plus que les grandes figures masculines du monde politique et littéraire indien du XIXe et du début du XXe siècle avaient, pour la plupart d’entre elles, des liens directs, d’une forme ou d’une autre, avec la fraternité maçonnique. Pourtant, la nature de ces liens actuels ou passés, et leur signification aux yeux des «frères» maçons, indiens ou non indiens, sont demeurées désespérément obscures, d’abord parce que les sources qu’il faut consulter pour expliquer ce phénomène sont largement disséminées et ensuite parce que, s’il faut les chercher dans les bibliothèques maçonniques américaines, elles sont peu accessibles. Non que ces institutions soient le moins du monde discourtoises ou inabordables, ni que les bibliothécaires maçons rechignent à vous aider. S’il est si effroyablement difficile pour tous les chercheurs, et en particulier les historiens européens, d’exploiter significativement ces sources, c’est en général en raison de la profusion de matériaux de grande valeur, jamais encore examinés, dont recèlent les bibliothèques maçonnes. Dans cet article je suggère que la franc-maçonnerie était et demeure une fraternité d’hommes, évolutive en ce qui concerne ses activités et sa constitution, unie autour d’un ensemble de valeurs sociales et morales, et œuvrant pour encourager chez ses membres l’épanouissement spirituel au moyen de rituels et de la solidarité du groupe. Certes l’idée d’une franc-maçonnerie indienne peut sembler à première vue contradictoire, voire improbable, surtout si l’on pense à la réputation de société fermée qu’on associe aux francs-maçons, et à la constellation d’images «primitives» qu’on prête aux indiens. Mais en fait la franc-maçonnerie indienne était un lieu majeur où indiens et non-indiens échangeaient des formes culturelles et, de façon fascinante, en créaient de nouvelles. On a là un processus dont l’histoire est unique et qui se perpétue avec succès de nos jours, comme peuvent l’attester aujourd’hui, par exemple, les membres de l’équipe du degré maçonnique indien de l’Oklahoma. Il n’est pas de notre propos d’étudier ici les spécificités de la franc-maçonnerie indienne, mais plutôt de voir comment ce sujet pourrait être actuellement appréhendé selon l’approche de l’historiographie performative. Nous examinerons les textes fondamentaux de cette approche; nous nous interrogerons sur le lien entre la franc-maçonnerie indienne et la performance comme moyen d’analyse, et nous isolerons les problèmes et les pièges qui peuvent apparaître si l’on adopte cette approche de façon non critique.[1] [1] Pour plus de détails sur la franc-maçonnerie elle-même, on pourra se reporter à Joy Porter, Native American Freemasonry, University of Nebraska Press, à paraître.

Publication Date 2008-11
Pages 113 - 135
Series Title Racisme et eugénisme
Book Title Race & the Body in Anglophone Context/ Race et corps dans L’aire Anglophone,
ISBN 978-2-296-06606-9
APA6 Citation Porter, J. (2008). “Indiens et franc-maçonnerie: une vision performative de l’historire américaine” /“Native American Indian Freemasonry and the Performative Turn within U.S. History”,. In M. Prum (Ed.), Race & the Body in Anglophone Context/ Race et corps dans L’aire Anglophone,, 113 - 135. L’Harmattan
Publisher URL http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=27201
;